FÉLIX MOLITOR
BIOGRAPHIE
Né à Luxembourg le 26 mai 1958. Études de Lettres Modernes à l'université de Strasbourg II. Professeur de français depuis 1996. Professeur-attaché au Ministère de la Culture depuis 1997, responsable du département "littérature et théâtre". Depuis 1976, publications régulières de poèmes dans des revues culturelles au Luxembourg et à l'étranger.
Recueils de poésie:
Abîmes en Demeure, 1996
Nach draussen, Éd. Tetras Lyre, 1997
PARUS AUX EDITIONS PHI
- Les deux ailes du chants, poèmes 1998 - Prix Tony Bourg 1998 - 12 EUROS
- Mémoire de cristal, poèmes 2000 - 12 EUROS
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QUELQUES POEMES DU RECUEIL
DANS LES CAGES DU VENT - Prix Tony Bourg 1998
d'épines prisonnière
ton visage
me supplie
moi
la branche
où s'est posé
le papillon
depuis
ma première peur
je sonde
les refuges
à blanc
au fond de ma mémoire
s'impatiente
le silex
comme du temps
où l'enfant
questionnait
nul ne résiste
entre deux envolées
que les poings
serrés
du nouveau-né
le coup d'oeil
tout blanc
de l'orphelin
sous le givre
matinal
le merle
marie l'amandier
au tremble
* * *
comment dire
la haute transparence
des feuilles
du noisetier
nul
besoin
de soleil
pour ce temps
suspendu
avant
l'instant
lâché
* * *
il y a entre nous
parole orpheline
suspendue
entre
les deux ailes
du chant
d'ici
en trois temps
la chute
condamne
la main
et l'archer
* * *
coulant
de mes doigts
à travers des initiales
cette encre
sent le fer
auprès
de deux ailes
arrachées
écrire
face à la mer
toutes barres
ferrées
à l'horizon
écrire
de muette
mémoire
l'enfance
s'impatiente
sur sa flaque
de sang
* * *
pourquoi s'arrêter
où l'image se creuse
pourquoi se taire
où le chant s'abîme
la main retient le sang
mais toujours la douleur
de trop douces paroles
danse macabre
dans les fissures
de tes volets baissés
* * *
me revois
au coeur
d'où ça jaillit
paroles brisures
cris
d'enfants
sous les restes
du sanctuaire
je passe
comme de mémoire
toutes
plaies
ouvertes
* * *
aujourd'hui
loin
en terre glaise
le visage blanc
bouche béante
d'après le cri
la toile de nos errances
se tisse depuis les limbes
il y a ce qui tutoie
comme de surcroît
dans la sueur
de deux poings serrés
* * *
le traducteur
de mes pensées
perd
sa voix
dans les épines
du framboisier
il y a
entre oui et non
la tentation
du fruit
* * *
parole - chenille
en abîme
l'instant sera de feu
depuis la saignée
d'avant mémoire
l'éternelle
gémellité du souffle
mimique d'un envol
* * *
à chaque
sortir
de ventre
des yeux se brisent
tranchés par le cri
deux souffles survivent
dans la terreur
de l'absence
dans une éclipse
d'année-lumière
les deux ailes
en croix
* * *
un jour
le pourquoi
de ce côté-ci
de ton visage
lumière
jamais
ne sera pleine
* * *
sinistre d'attendre
où rien ne parvient
que plume
orpheline
qu'en fin de bourrasque
des branches sauvages
laissent
passer
* * *
à pas d'ombre
je continue
depuis la vague
qui se brisait
d'avancer
l'écume
frissonnante
sous la bise
découvre
la plaie ouverte
* * *
l'enfance la peur de tomber
comme un mal de mer
toujours
vermeille
depuis le cri
à
clair
d'épée
entre
deux
branches
de
pommier
l'instant
chavire
* * *
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